1er Festival de
Films de Mémoire 2000
du 24 au 28 novembre
1997
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Le Conformiste
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Compte rendu de séance
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Le film
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Le Conformiste |
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Le réalisateur
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Bernardo Bertolucci |
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Le thème
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L'Indifférence |
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L'exemple
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Le Fascisme en Italie |
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Le débatteur
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Jacques Tarnéro (Sociologue) |
Dans la lumière blanche des "avenues" du
Forum des Halles, il est à peine 8h45, ils sont là, nos adolescents,
pour cette deuxième matinée du festival, consacrée
au thème de l’indifférence.
Ils ont l’allure à la fois incertaine et arrogante, l’expression
de l’attente sur leur visage encore ensommeillé. De quoi fut-elle
remplie, cette attente? |
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| Et pourtant, les questions qui suivirent furent parfaitement pertinentes
et engagèrent une réflexion nourrie des propos de Jacques
Tarnero: A trop parler de Le Pen ne crée-t-on pas le personnage
et le phénomène? Faut-il interdire le Front National? N’est-ce
pas antidémocratique? N’est-il pas trop tard? Le Pen pose-t-il les
bonnes questions comme certains se plaisent à le dire?
En première partie, extraits de films d’actualités de
la France sous l’Occupation, d’un intérêt d’autant plus grand
que le sens et la portée en était soulignés
de commentaires éclairants de Bernard Jouanneau. |
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| La magie et le verbe du leader Doriot renvoyait au talent ortatoire
de Le Pen. Autre analogie forte: l’hommage de Pétain à
Jeanne d’Arc devant la statue dorée de la place des Pyramides évoquait
d’autres images d’une actualité plus récente, celles
de Le Pen et ses troupes honorant ce symbole d’une conception très
particulière de la Nation. Puis des images de propagande, antisémites
jusqu’à l’écœurement sur l’exposition caricaturale consacrée
au Juif, ou célébrant le STO, vilipendant les Alliés,
ont été d’une grande démonstration: l’existence d’une
France collaborationniste ne pouvait plus être ignorée ou
niée.
La salle était attentive et impressionnée. (Pourquoi ne
pas faire une séance entière avec des bandes d’actualités
de l’époque?)
Elle l’était moins durant le film de Bertolucci, Le Conformiste,
que nous avions choisi pour illustrer le thème de l’indifférence.
L’œuvre, magnifique, est, il est vrai, difficile. Il fallait suivre l’itinéraire
du héros, personnage ambigu, vers le fascisme, en comprendre le
ressort psychologique: de la culpabilité après le traumatisme
subi à l’entrée de l’adolescence à l’impérieuse
nécessité d’être absolument comme les autres, de suivre
le mouvement, de se conformer à l’ordre du moment sans plus d’âme
ni conscience.
Quelques expressions fortes, celles du garde du corps parlant des juifs:
"Il faut les empêcher de naître", du héros lorsque la
situation se retourne"Que pourrais-je craindre, je n’ai fait que mon devoir"
renvoyait à Maurice Papon et à l’actualité judiciaire.
Bernard Jouanneau ouvrit le débat par la question "Pourquoi ce
titre?". Peu l’avaient compris, certains n’étaient pas même
sûrs que le héros ait adhéré au fascisme. |
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| Et pourtant, les questions qui suivirent furent parfaitement pertinentes
et engagèrent une réflexion nourrie des propos de Jacques
Tarnero: A trop parler de Le Pen ne crée-t-on pas le personnage
et le phénomène? Faut-il interdire le Front National? N’est-ce
pas antidémocratique? N’est-il pas trop tard? Le Pen pose-t-il les
bonnes questions comme certains se plaisent à le dire?
Jacques Tarnero souligna le réel danger aujourd’hui, compte tenu
de l’existence des médias de masse, de fabriquer un héros
médiatique, de créer l’évènement, et évoqua
à ce propos le retentissement donné par la Presse écrite
au révisionnisme; ce faisant, les médias tombent dans le
piège que leur tend le pervers qui souhaite faire scandale.
S’il faut poursuivre Le Pen pour chacun de ses propos racistes, on ne
peut aujourd’hui interdire un parti qui se conforme au jeu constitutionnel.
Mais, conclut Bernard Jouanneau, il appartient à chacun
de s’insurger, de résister à l’indifférence, de prendre
sa part au combat. |
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--Georgette Serero
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